Le Rap rim, d’hier à demain : la COACUM ouvre le débat sur la professionnalisation
Le samedi 13 juin 2026, dans le cadre de la 19e édition du Festival Assalamaleykoum, la COACUM a réuni à Cité Plage, au siège d’Assalamaleykoum Cultures, artistes, opérateurs culturels et directeurs de projets autour d’une question simple et vertigineuse : que devient le rap mauritanien, et de quoi a-t-il besoin pour vivre de son métier ?
Modéré par Mickey Aly Diallo, ancien président de la coalition, le panel a articulé deux axes : la professionnalisation et les nouveaux modèles économiques du secteur.
Une génération qui écrit autrement
Les échanges ont d’abord porté sur l’évolution de l’écriture. Plusieurs intervenants ont relevé une maturité nouvelle dans les textes des jeunes artistes, plus sophistiqués, portant un engagement affirmé. Le rap reste un outil de sensibilisation et un vecteur de dénonciation de l’injustice — même si certains ont souligné que la charge critique s’était atténuée par rapport aux générations précédentes.
La discussion a évité l’écueil du procès générationnel. Nul ne peut imposer à un artiste sa manière de faire du rap ; chacun assume sa position. L’époque actuelle offre aux jeunes des opportunités inédites, à condition de savoir s’en saisir.
La question économique, au cœur du débat
Le défi principal reste économique. Qu’advient-il de l’artiste après le rap ? Quelle retraite pour un rappeur ? Ces questions, longtemps éludées, ont structuré une large part des échanges.
Le besoin de formation est revenu avec insistance, y compris sur les métiers techniques : le DJing s’est professionnalisé, chaque artiste travaille désormais avec son DJ, et de nombreux jeunes demandent à être formés.
Transmettre, mutualiser, s’unir
Un mot d’ordre a traversé la rencontre : la transmission. Les aînés doivent partager leurs acquis plutôt que dresser l’inventaire des problèmes. « On ne peut pas parler seul, on doit mutualiser les compétences pour avancer », a-t-il été rappelé.
Plusieurs intervenants ont insisté sur la dimension sociale du mouvement : investir les quartiers, parler aux jeunes, créer de la cohésion, ouvrir des perspectives là où l’oisiveté nourrit la délinquance.
Vers un cadre légal
Le panel s’est conclu par une démonstration sur les outils numériques et la formalisation du secteur. Le secrétaire général de la COACUM, Abdou Fall, en a exposé les mécanismes. Son adjoint, Ama Gacko, a insisté sur la formation des jeunes artistes. Baba Djiré, commissaire aux comptes, a appelé les artistes à s’unir autour des zones de convergence de la coalition. Monza est revenu sur le statut de l’artiste et sur le cadre à mettre en place pour rassembler les différents secteurs culturels de Mauritanie en fédération.
En clôture, le président de la COACUM, Cherif Diagne, a invité l’ensemble des acteurs des arts urbains à rejoindre la coalition, afin que le chemin vers la reconnaissance des cultures urbaines de Mauritanie par l’État soit une initiative commune, inscrite dans un cadre légal.
Compte rendu établi par Amadou Sy, membre du comité Ad-hoc, et Cherif Diagne, président de la COACUM.