Reconnaissance étatique : la COACUM présente sa feuille de route
Le jeudi 18 juin 2026, à la maison culturelle de quartier Assalamaleykoum de Cité Plage, la COACUM a tenu son second panel dans le cadre de la 19e édition du Festival Assalamaleykoum. Après une première séance consacrée à l’évolution du rap mauritanien, la coalition abordait cette fois le cœur de son combat : la reconnaissance étatique des cultures urbaines.
Le bureau exécutif au complet composait le panel, modéré par Mickey Aly Diallo, président du premier bureau exécutif de la coalition.
Trois ans de construction
Le président Cherif Diagne a retracé la création de la coalition, sa reconnaissance juridique en tant qu’association, la constitution de ses membres et l’organisation hiérarchique de ses affaires courantes. Il a souligné la continuité entre le premier et le second bureau — une cohésion qui a permis d’avancer auprès des autorités communales, préfectorales et de la société civile.
Parmi les réalisations citées : la démarche COACUM dans ma commune (2024-2025), pour promouvoir la citoyenneté, le volontariat et le développement ; la création du festival Variétés Urbaines pour les artistes de la coalition ; et les rencontres de formation et d’initiation destinées à préparer les jeunes artistes.
Le statut du professionnel de l’art
Le débat s’est concentré sur le projet de décret portant statut du professionnel de l’art et sur la mise en place par l’État du Conseil Professionnel de l’Art, instance intermédiaire entre les artistes et le ministère de la Culture.
La coalition exprime des désaccords sur certains articles du projet de décret. Le président a néanmoins invité les acteurs du secteur à s’organiser autour de la COACUM pour porter une démarche structurée et des doléances communes. L’objectif : un statut particulier reconnaissant l’acteur des cultures urbaines comme travailleur professionnel, bénéficiant de protections pour ses œuvres et sa condition sociale, et bénéficiaire de la carte professionnelle de l’art.
Une feuille de route à exécuter
Le secrétaire général Abdou Fall a rappelé que la feuille de route est un projet qui engage l’ensemble des membres : multiplication des actions citoyennes, professionnalisation du secteur et des artistes, mise en valeur du statut par des comportements exemplaires.
Amadou Gacko, secrétaire général adjoint, a présenté son domaine de compétence — la formalisation et la formation — avec un tableau du développement personnel et économique de l’artiste.
MD Makh a livré une masterclass sur le courage et le comportement responsable du jeune artiste. Bocar Dia, directeur du Festival du Livre de Boghé, a apporté ses conseils sur la culture générale de l’artiste et sur la méthode à adopter face à l’État pour gagner un combat mérité, fruit de plus de trente ans d’existence des arts urbains en Mauritanie.
Trois annonces
Le panel s’est conclu par trois annonces officielles :
- un forum des cultures urbaines au cours de l’année 2026 ;
- un projet de compilation pour les artistes de la COACUM ;
- une déclaration conjointe de la feuille de route, dont un draft sera soumis au ministère de la Culture, couvrant les trois premières années d’existence de la coalition.
Compte rendu établi par Cherif Diagne, président du bureau exécutif de la COACUM.